PANHARD MENIER 1891
CHAR A BANCS
Ce
curieux et original véhicule présente tous les caractères
des premières voitures sans chevaux. Tenant à la fois du char
à bancs hippomobile dont il a hérité de la carrosserie,
de la suspension, des roues, de la locomotive pour la lourdeur des organes
mécaniques, châssis, transmission, il a toute fois été
réalisé pour être actionné par 2 moteurs, 2 cylindres
en V Panhard, licence Daimler, à pétrole, placés à
l'arrière du véhicule, côte à côte et transmettant
leur effort par l'intermédiaire d'un ensemble de pignons, eux-mêmes
accouplés à un groupe de 12 roues dentées très
larges et d'un diamètre impressionnant s'étageant de 250 à
400 mm.
Chacun de ces six trains de roues dentées comportent un système
d'embrayage commandé à la fermeture par câble et volant
à main, le verrouillage des vitesses s'opère par déclenchement
de chaque cliquet commandé par pédales (6, dont une par vitesse].
La commande finale s'opère par un couple conique sans différentiel
monté sur un arbre de couche supportant les pignons dentés entraînant
par chaînes, des roues de fardier hippomobile de grand diamètre.
La suspension s'apparente à celle des anciens carrosses et à
la caisse non attenante au châssis, est suspendues par une série
de ressorts en crosses et elliptiques.
Les freins au nombre de 3, sont du type à enroulement de câbles
d'acier incrustés de plomb, sur un tambour.
Une direction par guidon avec transmission par pignons droits complète
l'ensemble des organes de commandes.
Détail
de la boite six vitesses équipant la Panhard Menier
PEUGEOT QUADRICYCLE 1893
Les Menier participèrent de manière indirecte à l'avènement et aux premiers tours de roues de l'automobile en France. Sur la Peugeot de 1893 équipée d'un moteur Daimler, la contribution des Menier se matérialise par la première monte d'un radiateur. Élément encore inconnu pour l'époque. Ils fabriquèrent également un régulateur de vitesse à vapeur, sous brevet anglais.

Quadricyle
Peugeot de1893 offert par le Sénateur Gaston Menier
au Conservatoire National des Arts dont il est membre du conseil
d'administration depuis 1913 et vice président en 1919.

Régulateur
à vapeur Menier 1898 brevet 278550
GASTON MENIER ET LA "SERPOLLET"
"Une
troisième voiture fut vendue à M. Gaston Menier. Léon Serpollet se
rendit un jour à Melun, avec Gaston Menier, alors conseiller de Seine-et-Marne,
et M. Jeantaud, un nom aussi de l'automobile, celui-là.
De Melun, après la séance du conseil, les touristes partirent pour le château
de Rentilly, à M. Menier.
Quel joli voyage, au clair de lune! C'étaient des émotions d'automobilistes
toutes neuves, qu'ils éprouvaient. M. Jeantaud s'écria, au moment où l'on
passait dans la belle forêt de l'Echelle : « Quelle féerie, on se croirait
en plein Jules Verne ! »
Un peu plus loin, un grincement insolite rappelait à la réalité : une roue
commençait à se déboîter. Il fallut prendre un poteau de barrière, à la grille
du château de Ferrières, à M. de Rothschild, pour remboîter la roue. ... Mais
ce sont là détails qui n'affectaient pas autrement les hardis pionniers de
la locomotion nouvelle ! Bien mieux, ces aventures constituaient un charme
de plus !"
Histoire
de l'automobile par Pierre Souvestre 1907

Gaston
Menier et Léon Serpollet
L'AVIS DE GASTON MENIER
A monsieur SERRE le 16 Aout 1892
"J'ai en effet une voiture à vapeur du Système Serpollet et quoique cette voiture marche bien, il arrive forcément par ci par là quelques petits accrocs qui font que je ne puis pas dire que la locomotion à vapeur soit arrivée à son dernier perfectionnement. Néanmoins je dois reconnaitre que la voiture se dirige très bien, qu'elle s'arrêté très facilement et qu'elle peut marcher à toutes les allures. L'échappement, sauf dans les côtes rapides où il commence à devenir un peu bruyant, n'est pas très fort et je n'ai jamais eu de chevaux bien effrayés, lorsque j'ai eu l'occasion d'en rencontrer. Par suite de circonstances personnelles, je n'ai pu m'en servir depuis plusieurs mois, bien que j'ai remplacé le moteur qui existait par un autre plus fort qui me permet de démarrer même dans les rampes rapides".
A messieurs AUBIN et fils le 9 novembre 1892
"Comme vous l'avez remarqué, cette voiture est très intéressante Mais, je dois l'avouer, il y a à chaque instant de petits anicroches qui en rendent le service peu sûr au point de vue d'un trajet à faire dans un temps déterminé. C'est tantôt un joint, tantôt un détail qui, quoique n'ayant pas beaucoup d'importance, oblige à un arrêt et bien que toutes ces petites choses ne soient pas sérieuses par elles-mêmes on finit quelques fois par ne pas aller vite. La chaudière peut faire un long service mais quant aux réparations, il faut compter que dans l'état actuel, elles doivent être fréquentes".
Gaston Menier correspondance
La recherche et le développement, dans le domaine du roulant, entraînent le dépotes de nombreux brevets.
1898 - Dépôt d'un brevet de 15 ans (283676) concernant le bandage pneumatique pour cycles et autres véhicules analogues. Autre brevet (278550) ayant pour sujet un système de régulation applicable aux moteurs à vapeurs et autres.
1894 - Brevet déposé (124327)concernant la vucanisation à plat et fixation.
1892 - Dépôt d'un brevet de 15 ans (224633) concernant la garniture de souplesse fixée sur les roues de vélos, voitures légères de courses ou pour enfants marchant au pied ou au moteur ou à traction.

Brevet 124327
