En 1893, Gaston Menier soigne son image de « Marque ». Il fait appel à Revon et Paul Kahn pour fabriquer, 93 rue d'Oberkampf à Paris, un kiosque en tôle lithographiée. Le toit est recouvert d'écailles et entouré d'une frise. Au sommet pointe une flèche. C'est la réplique du kiosque à journaux de la société Grant et Cie et non celle de la colonne Morris.
Un premier kiosque voit le jour en 1893. Il sera suivi en 1900 d'un second modèle. Ces deux productions seront destinées à un très large public contrairement au kiosque musical équipé d'un Lioretgraph qui sera réservé aux grossistes revendeurs des produits Menier.
Fabriqué en 1898, sa production ne dépassera pas la centaine. D'une hauteur de 48 centimètres, son centre abrite un mécanisme déjà utilisé pour la réalisation d'un autre jouet musical. Doté d'un cylindre d'une durée de 30 secondes, Henri Lioret propose à la maison Menier un support publicitaire nouveau : la réclame parlée. Une voix masculine vante le fameux chocolat Menier.
« Demandez le chocolat Menier,
le meilleur de tous les chocolats !
Il n'y a certainement rien de meilleur
que le chocolat Menier !
[Trompette...]
Surtout évitez les nombreuses
contrefaçons ! »
HENRI LIORET
Henri Lioret voit le jour en 1848 à Moret-sur-Loing en Seine et Marne le 26 juillet. Il est fils d'horloger, l'avenir lui semble ainsi tout tracé et durant les trente premières années de son existence il occupera la profession de son père dans sa ville natale.
Mais cet isolement géographique ne peut satisfaire le jeune Lioret, inventif, dynamique et doté d'une grande créativité. Le siècle en cours, porté sur la recherche, l'innovation et l'industrialisation, convient parfaitement à cet esprit bouillonnant.
Les expositions multiples affichant la compétitivité et les talents du moment se déroulent dans les grandes capitales européennes. Henri Lioret suivra le mouvement et s'installera à Paris en 1870.
De collaborations en dépôts de brevets, Henri Lioret commence à se faire un nom dans son domaine de prédilection qui est encore l'horlogerie. En 1876, il remporte le prix Pierret d'une valeur de 100 francs.
Point d'orgue de ses réalisations, en 1881, une montre appelée « Cigale ». Cette dernière possède un dispositif de réveil constitué d'une plaque vibrante restituant un son rappelant le chant d'une cigale.
Une étape vient d'être franchie avant une plus large diffusion du son par l'intermédiaire des phonographes.
En 1890, Henri Lioret est contacté par Émile Jumeau, fabricant de poupées portant son nom. Cette future collaboration portera sur la sonorisation du « bébé Jumeau » par l'intermédiaire d'un phonographe miniature installé dans le corps du jouet.
Ce nouveau challenge lui fera développer les premiers fondements d'un phonographe à son nom mais également déposer un brevet sur un nouveau cylindre inusable, l'ancêtre du disque vinyle, résistant aux chocs infligés, le cas présent, par les petits propriétaires de poupées Jumeau.
Ses qualités d'horloger associées à un perpétuel besoin d'innover lui font entrevoir la mutation de son activité. Celle-ci se tournera définitivement vers la restitution du son par l'intermédiaire d'une création continue et soutenue de Lioretgraphs.
au 15 de la rue Thibaud vers 1898
