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Les
principales étapes de la fabrication du chocolat
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FEVES
DE CACAO
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Nettoyage-tri
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Concassage
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Torréfaction
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Broyage
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PATE
DE CACAO
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Pressage
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Broyage
tourteaux
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Filtrage
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BEURRE
DE CACAO
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Malaxage
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Broyage-affinage
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Conchage
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Tempérage
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Moulage
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POUDRE
DE CACAO
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CHOCOLAT
SOLIDE
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Nettoyage-tri
Les feves sont débarassées des corps étrangers, pierres, morceaux de fer, etc... Les fèves en mauvais état ou de qualité médiocre sont écartées.
Concassage
Le concassage a pour
but de faire éclater les fèves, ce qui permet de séparer
les coques et les germes des amandes. On utilise un concasseur à
impact qui va faire éclater les fèves sans les presser afin
de ne pas en extraire la matière grasse. Les coques et les pelures
sont ensuite éliminées par aspiration. Le cacao concassé,
débarrasé de ses enveloppes, s'appelle alors le GRUE.
Torréfaction
La torréfaction
est l'opération qui conditionne en grande partie la qualité
du produit fini. Elle développe l'arôme du cacao. Elle s'opère
soit charge par charge dans des tambours rotatifs chauffés soit
dans des torréfacteurs continus, à des températures
situées entre
120 et 140 degrés. Le degré de torréfaction varie
selon l'origine des fèves, le type de cacao ou de chocolat à
obtenir.
Broyage
Le broyage a pour but de réduire la taille des particules aux environ de 250 microns. Pour cela, on utilise un moulin à choc. Les grains torréfiés sont éclatés entre une grille de calibrage et des marteaux portés par un cylindre en rotation. Sous l'effet de la chaleur et de l'effet physique, la matière grasse exude du produit et l'on passe d'une phase solide à une phase liquide. Puis on utilise un deuxième moulin permettant d'otenir une mouture fine(20 microns). On obtient de la liqueur de cacao (ou masse de cacao). Pâte grasse comportant de 45 à 55% de beurre de cacao.
Malaxage
Il consiste à
mélanger la masse de cacao aux autres matières premières
(Beurre de Cacao, sucre, et/ou produits laitiers) selon le chocolat que
l'on veut obtenir : chocolat noir, chocolat au lait, chocolat blanc Le
mélange se fait dans un malaxeur rapide où il est homogénéisé.
La préparation est encore granuleuse (500 microns).
Broyage-affinage
Il a pour effet de réduire la granulométrie des parties solides du mélange à une taille imperceptible à la langue et au palais ( moins de 20 microns). Il est réalisé dans des broyeuses-raffineuses comportant 5 cylindres lisses superposés, tournant à des vitesses de plus en plus rapides, ce qui facilite l'écrasement des cellules de cacao et des cristaux de sucre.
Conchage
Le conchage est un malaxage de la pâte qui peut durer jusqu'à 48 heures. Sous l'action combinée du malaxage et de la chaleur, l'arôme se développe et la finesse du goût s'accroît. A ce stade, un complément de beurre de cacao est ajouté pour accroître la fluidité. Le conchage permet l'évaporation des acides volatils contenus dans les fèves.
Tempérage
Il consiste à faire subir à la pâte de chocolat un cycle de température calculé de façon très précise pour favoriser une cristallisation fine et stable du beurre de cacao. Le brillant du chocolat et son onctuosité dépendent du tempérage.
HISTOIRE
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Les premières traces de la présence Maya, associée à l’utilisation du cacao, remontent au 7ème Siècle avant notre ère. Ils baptisèrent le fruit de l’arbre aux cabosses du nom de " cacau ", d’où dérive le mot " cacao ". Ils en firent un breuvage rituel qu’ils appelèrent " chacau haa ". Les vertus thérapeutique du beurre de cacao étaient amplement reconnues, à la fois comme baume pour cicatriser gerçures et brûlures, pour se protéger des ardeurs du soleil, soigner le foie ou les poumons et comme un remède préventif contre les morsures de serpent. Chez les Pilpil, le cacao était associé aux principaux événements de la vie quotidienne. Les fèves de cacao servaient d’offrandes pour une naissance, et lors du rituel de la puberté, le corps des jeunes garçons était enduit d’un mélange d’eau de pluie, de pétales de fleurs et de poudre de cacao. Tout comme le sang, auquel il est assimilé de façon symbolique, le cacao remplissait, pour les Bribris, la fonction d’élément médiateur entre le ciel et la terre, entre la nature et les hommes, véritable source de fertilité et de vie à partager entre tous. Les fèves de cacao furent des unités de référence comptable. Cette utilisation a stimulé les relations commerciales dans toute l’Amérique Centrale, et a donné lieu à un extraordinaire développement de l’arithmétique et de toute une conception du temps. C’est dans les régions productrices de cacao que l’on a découvert les plus anciennes inscriptions calendaires. Après l’effondrement de l’Empire Maya au IXè Siècle, les envahisseurs Toltèques puis Aztèques firent des fèves de cacao le tribut versé par les populations soumises aux nouveaux conquérants. La mesure étalon, hérités des Mayas, était la " carga ", équivalente à la charge que pouvait porter un homme sur son dos, et se composait de 3 xiquipilis de 8000 fèves, le xiquipil comprenant lui-même vingt zontles de 400 fèves. L’imposition annuelle perçue par la confédération aztèque était de 980 cargas, soit environ 30 tonnes. La fève de cacao devint la monnaie courante de toute l’Amérique Centrale. Son commerce conférait le prestige du banquier et du négociant de luxe. |
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La première rencontre connue des Européens avec le cacao n’eut lieu que vers la fin du mois de juillet 1502, lors du quatrième voyage de Christophe Colomb, au moment où l’Amiral arriva au large de l’île de Guanaja, à quelques lieues du Honduras actuel. Ce premier contact avec le cacao restera sans suite jusqu’en Avril 1519, date à laquelle Hernan Cortès débarqua sur les côtes du Tabasco. C’est dans sa première lettre-rapport à l’Empereur Charles Quint, écrite en 1520, que Cortès fera à nouveau mention du cacao " qui est un fruit comme des amandes que les indigènes vendent moulue. Ils la tiennent en si grande valeur qu’elles sont traitées comme monnaie dans toute leur terre et achètent avec elles toutes choses nécessaires sur les marchés et ailleurs ". Les nouveaux conquérants Espagnols s’aperçurent vite que les fèves de l’arbre aux cabosses avaient de multiples propriétés. Ces fèves avaient une valeur intrinsèque, qu’il était possible de quantifier en terme d’échange. Elle assurait une autosuffisance partielle de l’entreprise colonisatrice en Nouvelle Espagne et dans ses dépendances méridionales. Les premières indications disponibles relatives à la valeur d’une carga de cacao sur les lieux de production, la situent, dès 1536 autour d’une moyenne de 5 à 6 pesos d’or. Stable durant toute une décennie, le cours du cacao se mit ensuite à grimper jusqu’à 20 pesos par carga, fixé par ordonnance en 1551. Les espagnols s’étaient contentés au départ de reprendre à leur compte l’exploitation des plantations de cacao trouvées sur place et d’en percevoir le tribut. Très vite, ils s’efforcèrent d’en intensifier les rendements et d’accroître la surface. Au bout de quelques années, la consommation de chocolat, jadis réservée à une élite, s’était généralisée à l’ensemble de la population. Le système de l’encomienda, par lequel les nouveaux conquérants s’assuraient l’utilisation de la main-d’oeuvre indigène, s’est avérée particulièrement bien adapté au régime des plantations cacaoyères. L’un des premier textes connus évoquant les vertus thérapeutiques du cacao et du chocolat, est le Bref Traité de Médecine d’Augustin Farfan, médecin à la Cour de Philippe II, et publié en 1579. Selon Farfan, deux cacaos " grillés et bien moulus " peuvent être utilisés pour guérir les gerçures de la pointe des seins. Il ajoute que pris très chaud le matin, le chocolat est un bon purgatif " pour ceux qui souffrent d’un resserrement du ventre " et sert aussi à " éliminer les calculs des reins ". |
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Hernan Cortès ramena jusqu’en Espagne les premières fèves de cacao en 1528. En 1585, une première cargaison, en provenance de Vera Cruz est débarquée à Séville et ce n’est qu’au début du XVIIè Siècle que le chocolat devient peu à peu une " passion obsessionnelle de la vie quotidienne " espagnole. La boisson des Mayas avait subi auparavant une série de transformations par adjonction de sucre de canne et de vanille, qui tempéraient l’amertume naturelle du chocolat. Madrid devenait la base à partir de laquelle le chocolat allait conquérir l’Europe. Déjà introduit dans les Flandres et aux Pays-Bas, il pénétrait l’Italie en 1606, où certains cioccolatieri, qui exportaient leurs produits dans toute l’Europe, devinrent d’admirables experts dans l’art de préparer le cacao. Neuf ans après son entrée en Italie, le chocolat pénétrait en France, grâce à la passion d’une très jeune princesse espagnole, Anne d’Autriche, qui épousa Louis XIII à l’âge de 14 ans. Dès lors, et à mesure de la progression de la colonisation des espaces américains, le chocolat va se développer dans toute l’Amérique, puis bénéficier de la demande Européenne. En 1659, le jeune Louis XIV accorde par lettres patentes le privilège exclusif, pour une durée de 29 ans, de la fabrication et de la vente d’une "certaine composition que l’on nomme le chocolat (...) soit en liqueur ou pastilles ou en boites, ou en telle autre manière qu’il lui plaira" sur toute l’étendue du royaume. L'exemple d'Anne d'Autriche est suivi par Marie-Thérèse d'Autriche, femme de Louis XIV, et dont les deux adorations étaient le roi et le chocolat. C’est à partir des plaisirs de la Cour que le chocolat va commencer à se populariser. Il est certain que les premières apparitions du chocolat en France furent fugitives. En 1680 le mot "chocolat" apparaît dans le Dictionnaire français contenant les mots et les choses de Richelet. En 1705, la charge de chocolatier de la reine est devenu un titre très envié et très lucratif. C’est de France que le chocolat parvint en Angleterre, où il fut consommé de façon beaucoup plus démocratique, notamment grâce à l’apparition de nombreuses " chocolates houses ". Le Siècle des Lumières sera pour l’Europe celui de la consécration du chocolat. |
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Grâce aux " caprices ingénieux de la manipulation ", un long chemin avait été parcouru, notamment au niveau de la diversification des produits. Le premier souci des manufactures de chocolat, dès la seconde moitié du XXème Siècle, avait été d’augmenter le volume de cacao traité, en particulier au moment du concassage et du broyage des fèves. Le géologue anglais Joseph Townsend, en 1778, a l’idée de faire appel à l’énergie hydraulique ou à la force motrice de la machine à vapeur pour moudre le cacao. Mais il reste encore à mélanger la pâte obtenue. En 1811, l’ingénieur Poincelet met au point un prototype de " mélangeur ", dont le principe est bientôt adopté dans toute l’Europe. La situation évolue rapidement, grâce à des hommes qui mettent au point des techniques révolutionnaires, et notamment Monsieur VAN HOUTEN en Hollande, Monsieur MENIER en France, Monsieur FRY en Angleterre, Messieurs SUCHARD, LINDT et NESTLÉ en Suisse. Pour opérer le mélange de sucre et de cacao, le français Antiq met au point un système de pilons puis une broyeuse mécanique. Vers 1839, l’ingénieur mécanicien Hermann adapte au broyage les machines qu’il a construit pour le broyage des couleurs. Mélinans, un constructeur lyonnais, invente à son tour une machine où le broyage et le mélange s’effectuent simultanément. En 1850, François-Jules Devinck met au point un torréfacteur, un mélangeur et une peseuse. En 1847, la maison Fry de Bristol moule la première " tablette de chocolat ". Rodolphe Lindt devait mettre au point en 1879 un procédé qui porte le nom de conchage, et qui permet de parfaire l’homogénéisation de la pâte, toute en améliorant sa finesse et son arôme, et confère au chocolat son onctuosité finale, son velouté et son fondant, ainsi que sa casse à la fois nette et dure. Il devenait de plus en plus évident que la qualité d’un bon chocolat dépendait de 3 éléments essentiels: un nettoyage minutieux des fèves sélectionnées, une torréfaction rigoureusement contrôlée et, surtout, un broyage permettant d’amener la pâte de cacao au degré de finesse voulu. Les innovations techniques jalonnent dès lors le développement de cette nouvelle industrie. L’ère industrielle, qu’accompagne l’extension de la culture de l’arbre aux cabosses, fait entrer la boisson des dieux, ainsi que les friandises qui en découlent, dans le monde de l’enfance. |
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Aujourd’hui, les passions qu’inspirent le chocolat vont au-delà de celles réservées aux denrées comestibles. La moindre parcelle de chocolat est source de sensualité. Son goût est intimement lié à nos indélébiles souvenirs d’enfance, différents pour chacun, mais présents dans notre mémoire collective. L’imaginaire du chocolat exerce son mystérieux pouvoir de séduction, qu’il tient de ses mythes lointains, associés au plaisir et au raffinement de la dégustation. Aujourd’hui, l’engouement qu’il suscite démontre qu’il a acquit ses lettres de noblesse dans ses formes les plus diverses, depuis le chocolat que l’on grignote, jusqu’à celui que l’on déguste, consacrant ainsi le savoir-faire d’un artisanat en plein épanouissement. Le Salon du Chocolat a été le révélateur de ce phénomène de société, en offrant aux visiteurs un voyage au pays des cinq sens et des cinq continents. |
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"Une harmonie gourmande de couleurs, d’odeurs et de sons qui s’emmêlent, s’ajoutent, et créent le plaisir ". Brillat-Savarin Le potentiel énergétique d’une tablette de 100 grammes de chocolat est d’environ 500 calories. Le chocolat contient trois catégories de substances organiques - glucides, lipides et protéines - ainsi que plusieurs substances minérales: potassium, magnésium et phosphore en quantité importante, calcium, fer et sodium en petites quantités. Enfin, outre les multiples vitamines qu’elle contient (A1, B1, B2...), l’analyse d’une tablette de chocolat révèle la présence de plusieurs substances aux propriétés toniques, stimulantes, et antidépressives: la théobromine, qui stimule le système nerveux et facilite l’effort musculaire, la caféine, qui augmente la résistance à la fatigue, la phényléthylamine, aux propriétés psychostimulantes, la sérotinine, qui peut compenser la perte de certaines cellules nerveuses lors des dépressions la tyramine. " le chocolat, par le plaisir qu’il procure, fait sécréter des endorphines, dont l’effet euphorisant n’est pas sans rappeler celui de l’opium " selon Elise Gaspard-David.Les senteurs du chocolat chatouillent tout d’abord la muqueuse nasale. Une fois en bouche, le chocolat continue à libérer son arôme.Les molécules, libérées par la mastication, vont exciter la muqueuse olfactive par la voie rétro-nasale. L’odeur remonte dans les fosses nasales par l’arrière gorge. Intervient le goût. Dès que le chocolat prend contact avec la langue, celle-ci est excitée. Des influx sensitifs nés à la surface de la langue, cheminent par les deux nerfs du goût, puis gagnent le nerf lingual pour atteindre le cerveau où s’élabore la sensation. Chasse aux idées reçues ! Le chocolat et la ligne Le chocolat ne fait pas plus grossir que d’autres aliments: sa consommation doit s’intégrer dans le cadre d’un équilibre alimentaire global à respecter. Quelques bonbons ou carrés de chocolat sont sans péril pour l’équilibre pondéral. Cependant une consommation trop assidue entraîne forcément une prise de poids: si le cacao par lui même n’est pas très calorique, le beurre de cacao et le sucre ajoutés le sont. Le chocolat et le cholestérol C’est une fausse idée reçue: le chocolat aurait une incidence sur la cholestérolémie. D’une part, le cacao sans adjonction de lait ne contient pas de cholestérol. D’autre part " ses graisses font baisser le taux de cholestérol total du sang et augmenter le bon cholestérol qui protège les artères ". Le chocolat et la digestion Non, le chocolat n’a pas d’action sur le foie. Le terme " crise de foie " est mal approprié. En revanche, la suspicion persiste pour ce qui est de l’estomac... Le chocolat et la peau Le chocolat n’est pas responsable de boutons. L’acné notamment n’est pas influencée par l’alimentation. Le chocolat et les dents Le chocolat ne donne pas de caries. C’est même le contraire, à condition qu’il ne soit pas trop sucré: les tanins, le fluor et les phosphates qu’il contient protègent les dents. |
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De l’arbre au cacao Ses grands besoins en eau et la nécessité d’une température constante impliquent que le cacaoyer ne pousse que dans les pays tropicaux. Il a besoin de beaucoup d’ombre et pousse à l’abri d’arbres plus haut que lui. Il peut facilement atteindre 15 mètres de hauteur.Le cacaoyer atteint sa maturité à l’âge d’environ 8 ans; il peut alors produire un-demi à deux kilos de fèves par an. Il existe trois principales variétés de cacaoyer: Les forasteros, qui représentent 70 % de la production mondiale, et dont le plant vigoureux le font surnommer le robusta du cacao. Les criollos, qui représentent 5 à 8 % de la production mondiale, et qui donnent un cacao très fin dont la saveur douce est principalement utilisée dans la chocolaterie de luxe. Les trinitarios, qui représentent 20 % de la production mondiale, et qui donnent un cacao fin à teneur élevée en matières grasses. La récolte La fleur et le fruit poussent à même le tronc. L’arbre fleurit au bout de deux ou trois ans et porte 50000 à 100 000 fleurs par an. Huit principaux pays producteurs fournissent environ 80% de la production mondiale, estimée à 2.000.000 de tonnes de cacao: la Côte d’Ivoire (32% de la production mondiale), le Ghana (9%), le Nigeria (5%) et le Cameroun (3%) pour le continent africain, le Brésil (11%), l’Equateur (3%) et la Colombie (2%), pour l’Amérique latine et l’Amérique centrale, l’Indonésie (10%) pour le sud-est Asiatique. On note la croissance impressionnante de l’Indonésie, qui vient de dépasser la Malaisie en termes de production, et occupe actuellement le troisième rang mondial.Le Brésil est en baisse par rapport aux années 80. A côté de ces grands producteurs, il existe des origines (Venezuela, Trinidad, Equateur...), dont la production est peu importante, mais dont la qualité est très appréciée pour la finesse de leur arôme.La consommation de chocolat est fonction de trois facteurs principaux: les habitudes alimentaires les conditions climatiques l’environnement économique Le marché du cacao représente un volume de 2,4 millions de Tonnes, sachant que le café représente 5,4 millions de tonnes, et le sucre 105 millions. Ce sont les Suisses qui consomment le plus de chocolat en Europe (9,7 kg/an/habitant), devant l’Autriche (8,7 kg/an/habitant), la Norvège (8,1 kg/an/habitant), la Belgique (7,3 kg/an/habitant) et le Royaume-Uni (7,3 kg/an/habitant). La France, bien placée au niveau des exportations et des importations de chocolat en Europe (respectivement 4ème et 2ème rang), occupe le 11ème rang au niveau de l’Europe en matière de consommation. La consommation de chocolat en France a été de 4,6 kg/an/habitant en 1993, chiffre qui varie en fonction de la période de l’année, Pâques et Noël étant des périodes de forte consommation. |
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Le cacaoyer est originaire d’Amérique Latine où il semblerait que les Mayas le cultivaient depuis Le Ve ou le VI e siècle. A cette époque, Clovis est roi des Francs. C’est le début du Moyen-Age qui a duré près de 1000 ans. Les Mayas sont une civilisation très ancienne – comme les Perses ou les Egyptiens. Elle s’est Eteinte au XIVe siècle. LA LEGENDE DU SERPENT A PLUMES Selon la légende, les Mayas dont les origines remontent avant notre ère, avaient un grand prêtre Qu’il tenaient pour Dieu et qu’ils appelaient Quetzacoatl, le serpent à plumes. Ils disaient qu’il Etait le jardinier du Paradis où vivaient les premiers hommes. Il était laid, sa tête était longue et Barbue. Il possédait de grandes richesses : des maisons en pierres vertes précieuses, d’autres faites D’argent , de coquillages colorés et blancs. Il avait des turquoises, des oiseaux extraordinaires et Des plumes somptueuses. Il avait aussi tout ce qu’il fallait pour boire, manger et s’habiller. Et il possédait de plus, une abondance d’arbres de cacao – cacahuaquahitl – dont il avait appris La culture aux Mayas. Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes, mais vint le temps où s’acheva la fortune* De Quetzacoatl et des Mayas. Trois sorciers jaloux de leur bonheur et de leur richesse vinrent à Tula au Mexique. L’un d’entre eux, Le magicien Titlacauan, prit la forme d’un vieillard chenu* et vint trouver Quetzacoalt. Il lui dit : " Seigneur, je t’apporte un breuvage qui est bon et qui enivre celui qui le boit ; il t’attendrira le cœur, te guérira et te fera connaître la route de ton prochain voyage au pays où tu retrouveras la jeunesse ". Quetzacoalt but la potion*et perdit la tête. Il fit brûler toutes ses maisons d’argent et de coquillages, fit enterrer ses trésors dans la montagne et dans les lits des rivières et transforma les arbres de Cacao en une autre espèce qui ne donnait ni Fève, ni fruit. Puis il quitta Tula pour le pays où il pensait retrouver la jeunesse, en direction du soleil Levant, vers l’Est. Il embarqua, paré de plumes, sur un radeau fait de serpents entrelacés*, en promettant de revenir un jour, lors d’une année placée sous le signe du roseau. Il reviendrait à l’endroit même d’où il partait pour rapporter à son peuple tous les trésors du Paradis. |
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Le chocolat était une boisson sacrée chez les Mayas. C’était en outre une boisson fortifiante aux Multiples vertus*. Seuls les nobles pouvaient en boire, tout comme ils étaient les seuls à pouvoir Porter des plumes. Les fèves de cacao servaient aussi de monnaie. Elles constituaient un tribut* versé par les Populations qu’ils avaient soumises. Elles étaient placées dans des entrepôts spéciaux. Pour compter les fèves, la base de calcul n’était pas 10 comme dans notre système métrique mais 20. Ainsi 400 (20 x 20) fèves valaient un tzontli. 20 tzontle valaient un xiquipilli soit 8000* fèves. 24 000 fèves valaient une carga. De nos jours encore, à México, le bois est vendu par tzontle de 400 bûchettes. |
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LES FORMES
LES TABLETTES LES BARRES
CHOCOLATEES LA CONFISERIE
DE CHOCOLAT LES
POUDRES DE CACAO
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(SYFIA-France) Le projet européen d'autoriser l'incorporation de graisses végétales dans le chocolat met les producteurs de Karité sur le qui-vive. Mais la partie est loin d'être gagnée face à la concurrence des huiles industrielles. Sept pays d'Afrique de l'Ouest produisent et exportent du Karité. Si pour le Togo et la Côte-d'Ivoire, qui en sont les principaux exportateurs, cette ressource n'en est qu'une parmi d'autres, il n'en va pas de même pour le Mali et le Burkina Faso où le Karité est une activité rurale importante. C'est également dans ces deux pays que le potentiel de production est la plus importante. Au Mali, par exemple, on estime que la production pourrait être multipliée par dix pour peu qu'elle soit rationalisée et encouragée. A l'heure où ces pays cherchent à augmenter leurs exportations, miser sur le karité est tentant. Le fait que l'Union européenne envisage d'autoriser l'utilisation de graisses végétales autres que le beurre de cacao dans la fabrication du chocolat ne leur a pas échappé et a fait naître chez eux de légitimes espoirs. Ils y voient un nouveau débouché pour leur production. Pourtant, l'huile de karité risque de se trouver concurrencée par d'autres graisses végétales : huiles de coprah, de soja, de palme, d'arachide et autres, toutes facilement disponibles sur le marché à un prix très compétitif. Face à cela, le karité souffre d'un fort andicap lié à sa nature. L'arbre à beurre pousse à l'état spontané en zone sahélienne. Mais sa culture en plantation est pratiquement impossible du fait des difficultés de reproduction, de transplantation et de greffage. En outre, l'arbre ne produit des amandes qu'au bout d'une trentaines d'années, de quoi décourager l'investisseur le plus convaincu. Les quantités de karité récoltées varient d'une année sur l'autre de un à quatre et même un à huit. La qualité est également très inégale. Les industriels, en particulier les fabricants de chocolats, qui pourraient l'utiliser comme matière première, se montrent donc très réticents à dépendre d'un produit dont l'approvisionnement en quantité et en qualité ne peut être garanti et dont les prix sont extrêmement fluctuants. Secret de fabrication Pour l'heure, les industriels restent très discrets sur les conséquences qu'ils tireront de la future législation européenne. Ils ne veulent pas remuer le couteau dans la plaie ouverte chez les producteurs de cacao qui redoutent la concurrence des substituts. La Côte-d'Ivoire qui a pris la tête du mouvement estime la baisse de la demande qui en découlerait à 200 000 t de cacao par an, soit près de 10 % de la production mondiale. Certains fabricants de chocolat invoquent donc " le secret de fabrication ". En Suisse qui vient d'autoriser l'utilisation de matières grasses végétales, chez Suchard, l'un des premiers fabricants mondiaux de chocolat, on déclare : " Pour l'instant, nous n'avons pas l'intention de changer nos recettes. Nous n'envisageons donc pas pour le moment d'utiliser d'autres graisses que le beurre de cacao. " Réponse identique chez Nestlé, numéro un européen de la chocolaterie : " Nous ne toucherons pas à la composition de nos produits existants. Nous avons construit notre réputation sur la qualité et les consommateurs sont attachés au goût de nos produits. Pour les produits futurs, nous regarderons quelle huile convient le mieux. Nous ne pouvons pas en dire plus pour l'instant. " Dans les pays européens où les graisses végétales sont déjà utilisées, comme en Grande-Bretagne, les usines locales de Nestlé n'utilisent pas le beurre de karité. C'est essentiellement les huiles de palme et de coprah qui servent de substitut au beurre de cacao. Du côté des chercheurs, on a les plus grands doutes sur les chances futures du karité. " Je pense qu'on assistera à un savant dosage de matières grasses végétales, principalement à base d'huile de palme avec éventuellement un peu de karité ", explique l'un deux. Denis Despreaux, responsable du programme cacao au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), va plus loin. Il dénonce la campagne menée par certains industriels du chocolat laissant entendre qu'ils utiliseront du karité dans leurs fabrications futures. " Le seule but est de calmer la colère des Africains en leur faisant croire qu'ils vont gagner sur le karité ce qu'ils vont perdre en cacao ", estime-t-il. Pour lui, " la chance du karité est nulle dans cette affaire " qui est avant tout " une terrible épée de Damoclès brandie au-dessus de la tête des producteurs de cacao : les chocolatiers vont utiliser l'argument des autres graisses végétales qui coûtent beaucoup moins cher pour la faire baisser le prix du beurre de cacao afin qu'il reste compétitif ". Un argument que Nestlé juge " fallacieux ". " Si on parvient à réduire les coûts de fabrication du chocolat grâce à des huiles meilleur marché, les pays du Sud qui n'en consomment pas, faute de pouvoir d'achat suffisant, vont se mettre à en manger. Cela va augmenter la demande mondiale, ce qui va dans le sens de l'intérêt des pays producteurs . " Au-delà de ce débat, un négociant en graisses végétales qui vend aux chocolatiers des produits de substitution au beurre de cacao est formel quant à l'avenir du karité dans le chocolat : " Les industriels disposent maintenant de techniques leur permettant d'utiliser pratiquement n'importe quelle graisse végétale produite industriellement comme les huiles de coprah et de palmiste. Je ne pense pas qu'ils vont s'ennuyer avec l'huile de karité.." Pour les pays africains exportateurs de karité, la seule chance de percer le marché de la chocolaterie est, comme l'explique un représentant de l'Union des fabricants suisses de chocolat (Chocosuisse), de proposer leur produit en mettant en avant ses qualités propres. Ils doivent surtout être en mesure de garantir un approvisionnement en qualité et en quantité constante. Le ticket d'entrée pour que le karité se fasse une place au soleil dans l'industrie chocolatière mondiale est sans doute lourd à payer. Mais le jeu en vaut la chandelle pour les pays sahéliens qui n'ont ni pétrole ni cacao à exporter. |
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(SYFIA-Belgique) Après des années d'atermoiements, la Commission Européenne a proposé le 17 avril dernier d'assouplir les règles de fabrication du chocolat en Europe. Pour les producteurs de cacao, cela augure une baisse importante des ventes et des revenus. Au nom de l'harmonisation des législations européennes, la Commission Européenne envisage d'autoriser l'emploi de 5 % de matières grasses végétales autres que le beurre de cacao dans la fabrication du chocolat. Sur les quinze Etats membres de l'Union, sept autorisaient déjà cette pratique ; les huit autres (dont l'Allemagne, la France, l'Italie et l'Espagne) l'interdisaient. Bruxelles a donc tranché, au grand dam des producteurs de cacao qui redoutent la diminution de consommation qui en découlera. Le fait que les autres graisses végétales coûtent de 10 à 40 % moins cher que le beurre de cacao devrait en effet inciter les fabricants européens à substituer au beurre de cacao d'autres huiles comme l'huile de palme, dans les proportions autorisées. Pour se défendre de vouloir pénaliser ainsi les producteurs de cacao du Tiers-monde, la Commission reprend les estimations des industriels européens du chocolat regroupés au sein de la Caobisco. Pour cette association, la baisse de la demande de fèves atteindra 60 000 tonnes par an, un chiffre qu'elle compare avec les 100 000 t d'excédent de la consommation sur la production, enregistré en 1994-1995, pour conclure que les producteurs ne subiront pas les effets de la nouvelle réglementation. Bataille de chiffres... Cette démonstration est contestée par le professeur Kees Burger, de l'Université libre d'Amsterdam, qui évalue la perte probable à 150 000 t de fèves, soit 15 % de la production du leader du marché : la Côte d'Ivoire. Pour leur part, les pays producteurs avancent le chiffre de 200 000 t, soit une perte sèche de 300 millions de dollars dont 165 millions pour la seule Afrique. Cela, sans compter la baisse des cours, qui ne manquera pas de découler d'une baisse de la demande. L'Association des Pays Producteurs de Cacao (APPC) note que la perte de revenus pour les paysans ne sera pas proportionnelle à la baisse du volume de la demande, mais supérieure en pourcentage. Le déficit de l'offre enregistré en 1995 a entraîné une hausse des prix de 30 %. Selon la même logique, soutient le secrétariat de l'APPC, la baisse de la demande, combinée à la production record de la Côte d'Ivoire d'un million de tonnes cette année, devrait entraîner une nouvelle chute des cours. Et que se passera-t-il si les Etats-Unis adoptent la même politique pour se défendre contre la concurrence européenne ? La demande baissera de quelque 75 000 t supplémentaires, estime l'APPC qui conclut : "Le véritable objectif de ceux qui agissent en faveur des graisses végétales est de perturber gravement le marché du cacao par une modification de la demande qui se traduirait par un effet négatif sur le prix" . ... et d'arguments Reprenant la thèse des multinationales de l'industrie chocolatière, la Commission plaide que les producteurs d'amandes de karité du Burkina Faso, du Mali, ainsi que des régions sahéliennes du Nigéria, du Togo, du Bénin, du Ghana et de la Côte d'Ivoire, bénéficieront de nouveaux marchés car les industriels du chocolat utiliseront le beurre de karité en remplacement du beurre de cacao. Un organisme financé par la Commission, l'Association des Produits à Marché (APROMA) soutient ainsi que le Burkina Faso pourrait produire 460 000 t d'amandes de karité par an contre 25 000 t actuellement. Mais le ministre ivoirien des matières premières, Guy Alain Gauze, n'en croit rien. Se fondant sur les observations effectuées dans le nord de son pays qui produit aussi du karité, il affirme : "Nous avons du mal à maîtriser son cycle de production. Les disponibilités sont aléatoires" . Il se réfère aux travaux des agronomes qui ne croient guère à la capacité du karité à s'imposer comme huile de substitution, pour la simple raison que la culture du karité n'a pas pu être maîtrisée jusqu'à ce jour. Il n'y a qu'à l'état sauvage que le karité donne des résultats. Encore sa production reste-t-elle très fluctuante, obéissant à des règles mal connues. Quel industriel se risquerait à dépendre d'un produit dont l'approvisionnement est incertain alors qu'il peut utiliser de l'huile de palme dont les réseaux de production et de commercialisation sont maîtrisés par de grandes sociétés multinationales ? Les géants des oléagineux comme Unilever et Fuji Oil ont d'ailleurs discrètement mais efficacement poussé à l'adoption de la nouvelle directive qui leur apportera de nouveaux clients. La Commission insiste également sur la clause selon laquelle n'importe quel Etat européen pourra imposer à ses chocolatiers de n'utiliser que du beurre de cacao. Mais, fait remarquer le secrétaire d'Etat belge à la Coopération, Reginald Moreels, les Etats européens qui le feraient ne pourront pas fermer leur marché aux importations de chocolats à base d'autres graisses. Ils feraient donc subir à leurs industriels la concurrence d'un chocolat importé, moins cher. La bataille que se livrent consommateurs, parlementaires européens et pays producteurs, depuis que ce texte est en projet, n'est pas terminée. Car, pour entrer en vigueur, il devra encore franchir les différentes étapes de la bureaucratie européenne jusqu'à être approuvé par le Conseil des ministres européens. La procédure pourrait prendre environ un an. François Misser Antoine Labey Le Stabex à contribution La baisse logique des cours du cacao découlant de la nouvelle législation européenne risque de se répercuter sur l'ensemble des pays ACP (Afrique-Caraïbes-Pacifique) via le Stabex, le système de compensation des pertes d'exportation des pays signataires de la Convention de Lomé. En effet, selon une projection de la Commission elle-même, toute baisse de 1 000 t de la consommation européenne de fèves de cacao, entraînerait le versement d'un million d'Ecus ( 645 millions de F cfa) de compensations aux pays exportateurs. Autrement dit, tout ce que le Stabex devra consacrer en plus aux producteurs de cacao sera autant de moins dont pourront bénéficier les producteurs ACP de café, de coton, ou d'arachide... Or, faute de ressources, le Stabex n'a déjà pu indemniser les pays ACP qu'à hauteur de 40 % de leurs pertes durant la dernière décennie. |
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