Bois Larris
Le manoir et ses dépendances ont été construits à partir de 1912 selon les plans de Sauvestre, il s'inspira des maisons anglo-normandes dessinées, peintes par Cécil Adam. L'une des particularité sera de posséder un jardin japonais, sans doute réminiscence de la Villa de Cannes. Cécil Adam est venu à Paris pour une exposition de ses oeuvres,un français, Mr Kulp, organisa pour lui un séjour de plusieurs semaines à Fleurines près de Chantilly dans l'Oise.
Cécil
Adam participa aux chasses à courre en forêt d'Halatte, y fit
un grand nombre de croquis de chasseurs,
de chevaux, et de scènes de chasse. C'est là qu'il rencontra
les Menier. Il retourna en Angleterre pendant l'année 1908 avec en
cadeau un cheval de cinq ans offert par Mr Kulp. L'ensemble du manoir n'était
pas terminé en 1914. Mr et Mme Georges Menier
ne l'on aménagé qu'en 1919. Pendant la guerre ils s'occupaient
de l'hôpital militaire du château de Chenonceau.
WESTWALD
L'administration
du Lebensborn [Fontaine de vie] fut créée le 12 décembre
1935 sous le contrôle du RuSHA [ Rasse-und-Siedlungs-hauptantes SS],
service SS chargé de veiller à la pureté raciale de
ses membres, pour accueillir les femmes, les fiancées, les amies
des hommes de la SS et de la police, sur le point d'accoucher et par la
suite les enfants.
Dès le 13 septembre 1936 le Lebensborn devint "Office L"
pour l'administration SS, donc sous la responsabilité
d'Enrich Himmler.
Martin Borman de par ses attaches avec Hitler participa à son organisation
et à son but final de vivier de la race " pure".
Il fut très difficile de découvrir la ville où fonctionna,
en France, le seul et unique foyer des lebensborn. Sur les documents était
mentionnée "Westwald". Forêt de l'ouest.
C'est le 6 février 1944 que fut inauguré le lebensborn de
Lamorlaye, ce foyer fonctionna en réalité bien avant février
1944, plusieurs enfants y étant nés déjà en
1943 selon Marc Hillel, et transférés vers d'autres maisons
comme à Saint Germain selon Fabrice Virgili. Les accouchements y
étaient également possibles, tout comme l'hébergement
des mères.
L'installation tardive d'un Lebensborn en France est révélatrice des contradictions de l'occupant. Alors qu'au moment de l'invasion de 1940, les Françaises n'étaient en aucun cas envisagées comme procréatrices d'enfants "aryens", 2 ans plus tard, Léonardo Conti écrivait à Himmler que ces enfants "ne sont pas mauvais, dans la plupart des cas pas plus mal que ceux qui ont été procrées en Norvège avec des norvégiennes".
Westwald connut une brève activité, accueillant tout au plus quelques dizaines de femmes et d'enfants. Le débarquement de Normandie proche fit du centre un lieu de transfert vers l'Allemagne. L'avancée des troupes alliées précipita l'évacuation complète de Westwald pour le 10 août 1944.
En septembre 1944, après la libération, un rapport sur l'organisation des services allemands éclaire sur le fonctionnement du centre : "Ambassade d'Allemagne - Section des affaires sociales dirigées par Mlle Unger. Cette femme qui avait de puissantes relations dans le partie nazi était redoutée par les petits employés. Elle était Führer nazi des femmes allemandes avant d'être envoyée à Paris. Elle eu des relations assez suivies avec le Secours National. Il semble qu'elle ait fait aussi des efforts pour ramener en Allemagne toutes les femmes françaises qui avaient eu des enfants avec des soldats allemands et qui avaient été placées dans "un château des Menier" à Chantilly avant leur transfert en Allemagne. A ce sujet on dit qu'elle avait pris le contre-pied de Mme la générale Huntziger qui aurait voulu mettre ces femmes sous sa protection. La maison de Chantilly était sous la protection de la SS."
Les enquêteurs français avaient récupéré de rares dossiers abandonnés lors de la retraite allemande pour comprendre les rouages de l'administration d'occupation. Leur rapport témoigne des imbrications entre les services de l'ambassade, de la SS et du NSDAP [parti national-socialiste allemand des travailleurs]. Il effleure également les relations complexes avec la partie française, le Secours National et Mme Huntziger.

Qui
étaient ces filles qui se nourrissaient de "cacao, de flocons
d'avoine et de semoules". Qui furent les pères des quelques
dizaines d'enfants nés à Westwald? La réponse à
la seconde question est simple, la région de Chantilly étant
une région spécialisée dans l'élevage des chevaux
servit tout naturellement de quartier général à la
cavalerie allemande.
Mais les cavaliers de la Wehrmacht n'avaient pas le droit de pénétrer
dans l'enceinte du château, gardé de jour comme de nuit par
des sentinelles. Les pères appartenaient donc à la SS ou à
la police de protection stationnées sur l'ensemble du territoire
Français et notamment en région parisienne. Les filles étaient
de nationalité française, belge, hollandaise et norvégienne.
La plupart abandonnèrent leur enfant entre les mains des fonctionnaires
des lebensborn. Les enfants en 1945 furent récupérés
dans la maison de Steinhöring.
Dès 1940, les employés français du domaine avaient
été chassés. Le seul rôle de Madame Georges Menier
fut de subir la réquisition de son Manoir. Thomas Mann à Munich
connu le même sort.
240 Bataillon-Pionier
- 170 Division d'Infanterie
9 ème Armée en 1940
De 1945 à 1954 le manoir est inoccupé. En 1955 il est acheté
par la" Fondation pour le traitement et la formation des jeunes infirmes"
avec le concours de capitaux brésiliens, de l'appui financier du
Ministère de la Santé et de la Caisse Nationale de la Sécurité
Sociale. En 1967 il devient école de cadres pour la Croix Rouge.
Par convention entre la Fondation et la Croix Rouge, cette dernière
est propriétaire du site au 1er janvier 1980.
Marc Hillel: Au nom de la race
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