
"Une
collection a pour plus beau titre de noblesse de pouvoir se
léguer."
Benjamin
Walter
Benjamin
raconte le moment où il déballe ses livres des boîtes
où ils étaient depuis deux ans. Ses livres sont en désordre.
Benjamin se considère comme un collectionneur de livres
La
passion du collectionneur est lié aux souvenirs qu'évoquent
les éléments
de sa collection.
Relation mystérieuse de possession des objets.
Les objets deviennent des instruments de mesure de la foi
du collectionneur : on a qu'à observer comment le collectionneur
manipule les objets dans leur boîte de verre. Alors qu'il
les tient dans ses mains, il semble voir à travers eux jusqu'à
leur passé le plus lointain.
Parmi toutes les façons d'acquérir un livre, la plus valable
est de l'écrire soi-même. Les écrivains sont des personnes qui
écrivent, non pas parce qu'ils sont pauvres, mais parce qu'ils
sont insatisfaits des livres qu'ils pourraient acheter et qu'ils
n'aiment pas.
Exemple du philistin qui admire la bibliothèque d'Anatole France
et qui finit par lui poser la question commune : "Et vous avez
lu tous ces livres Monsieur France ?" "Pas même un dixième d'entre
eux ! J'imagine que vous n'utilisez pas votre porcelaine de
Sèvres à chaque jour ?" Idée que l'utilité est évacuée des objets
de collection. Pour
un collectionneur de livres, la vraie liberté pour tous les
livres est quelque part sur ses étagères : idée de possession
du livre.
Que
de souvenirs vous submergent ! (Lorsque Benjamin déballe
ses livres). Rien ne met mieux en évidence la fascination
de déballer ses livres plus clairement que la difficulté
à freiner cette activité. Benjamin raconte avoir
commencé à midi, il est passé minuit lorsqu'il
termine de déballer la dernière boîte.
De
nombreux souvenirs défilent dans son esprit en déballant ses
livres : de lieux, de personnes, de sentiments (solitude à Isetwald).
Benjamin
en évoquant le plaisir de posséder les objets
: Pour un vrai collectionneur, c'est la plus intime relation
que quelqu'un peut avoir avec un objet. Les objets ne prennent
pas vie via le collectionneur, c'est lui qui vit à travers
eux.