Nestlé redonne vie au site historique de Noisiel À Noisiel

Nestlé a entrepris une remarquable renaissance d’un site emblématique de l’histoire industrielle française. Jadis cœur battant de la chocolaterie Menier, le lieu offrait encore récemment un contraste saisissant : d’un côté, une activité de production toujours présente, de l’autre, des bâtiments endormis, parfois réveillés par le cinéma, comme lors du tournage de Camille Claudel.
Classé monument historique, l’ancien moulin a bénéficié d’une restauration exemplaire, menée sous la conduite de l’Architecte en chef des Monuments historiques. Façades et toitures ont retrouvé toute leur splendeur : briques vernissées, cloche, horloge et emblématique « M » de Menier brillent à nouveau, témoins d’un riche passé industriel. Dans le respect de l’urbanisme d’origine, près de 20 000 m² de bureaux ont été aménagés selon une élégante structure « en peigne », suivant le tracé des anciennes rues ouvrières. Le site s’ouvre désormais sur de vastes espaces verts et se dote d’un nouveau pont favorisant les mobilités douces. Pour préserver la quiétude du lieu, les parkings ont été installés en périphérie, faisant du cœur du site un espace entièrement piéton, propice à la promenade et à la découverte.

Nestlé Brings Noisiel’s Historic Site Back to Life In Noisiel

Nestlé has led a remarkable revival of one of France’s iconic industrial sites. Once the beating heart of the Menier chocolate factory, the area recently presented a striking contrast: on one side, chocolate production still ongoing; on the other, abandoned buildings occasionally brought to life by film crews, such as for Camille Claudel.
Classified as a historic monument, the old mill underwent an exemplary restoration under the supervision of the Chief Architect of Historic Monuments. Its façades and roofs now shine once more, with glazed bricks, a bell, a clock, and the iconic Menier “M” proudly restored a tribute to its rich industrial heritage. Respecting the original urban layout, nearly 20,000 m² of office space has been created in an elegant “comb-shaped” structure, following the path of the former workers’ streets. The site now opens onto spacious green areas and features a new bridge designed for gentle, pedestrian-friendly circulation. To preserve the serenity of the surroundings, all parking has been moved to the outskirts, making the heart of the site a fully pedestrian space perfect for strolling and discovering its history.

À la fin du XIX siècle, la Marne accompagna l’éveil de la modernité et l’essor des sciences nouvelles, auxquels les Menier adhérèrent avec ferveur. Voie naturelle au pas lent et aux méandres patients, son flot régulier servit les populations les plus diverses.
De Paris à Noisiel, de Noisiel à Meaux, elle porta sur son dos de longues files de barges et de bateaux chargés de marchandises, glissant au fil de l’eau ou halés depuis les berges par des chevaux courbés sous l’effort, écho silencieux des lavandières penchées sur les lavoirs amarrés aux rives.
Le dimanche, la Marne se parait de ses atours festifs. Sa surface se constellait d’embarcations fragiles, éclaboussées de crinolines claires et de canotiers de paille. Les canots des sportifs fendillaient les eaux verdoyantes tandis que les pêcheurs, patients et immobiles, y trouvaient de quoi subsister.
Quelques années plus tard, l’émancipation des corps fit de la baignade une joie simple et brûlante, offerte aux plus jeunes aux heures lourdes de l’été. Penser la ville demeure un exercice délicat : l’architecte sait ordonner l’espace, le composer, le maîtriser, mais il demeure impuissant face à l’imprévisible.
Le social échappe toujours à la règle et au dessin. Dans les années 1980, la mobilité des attentes collectives, conjuguée aux contraintes budgétaires, contraignit les promoteurs à réviser des projets déjà dépassés.
Les communes virent alors leur avenir se modeler au gré des secousses économiques et des urgences du moment. Faute de moyens, la construction collective s’essouffla et l’habitat individuel s’imposa, au bénéfice des intérêts privés.
Cette dynamique, rapide et peu maîtrisée, engendra ses propres manques : les équipements collectifs se firent rares, les commerces de proximité s’étiolèrent, la vie culturelle peina à éclore.
L’individu se tourne volontiers vers l’avenir lorsque l’horizon s’élargit, mais se replie sur la nostalgie lorsque les temps se durcissent.
Son discours oscille sans cesse entre tradition et modernité ; pouvoir naviguer de l’une à l’autre sans en éprouver la rupture constituerait son idéal secret.
Noisiel possède à cet égard une singularité précieuse : un patrimoine architectural et industriel d’exception. Forte, et légitimement fière, de son label «Ville d’Art et d’Histoire».
la commune sut, dès 1980, préserver la cité Menier et la Ferme du Buisson des élans destructeurs d’un génie en quête de reconnaissance.
Elle transforma cet ancien bassin industriel en un territoire valorisé et protégé, jusqu’à ce que Nestlé, en 1995, parachève la dynamisation et la sanctuarisation de ces lieux chargés de mémoire.

 

Les moments les moins troublés de mon existence sont ceux que j'ai passés à Noisiel chez cette femme, la duchesse de Lévis, dont les paroles et les sentiments n'entraient dans votre âme que pour y ramener la sérénité. Je les rappelle aux regrets ces moments écoulés sous les grands marronniers de Noisiel où, l'esprit apaisé, le coeur convalescent, je regarde les ruines de l'abbaye de Chelles, ces petites lumières des barques arrêtées parmi les saules de la Marne.(Chateaubriand Mémoires d'outre tombe)