NESTLÉ A NOISIEL

Textes et images
PINCON (Jean-Marie). - Nestlé France à Noisiel.Historique Menier à partir des travaux de recherche de Richard Jeandelle et Marc Valentin. Photographies : Fonds Menier Collection Nestlé France.

 

LE PROJET

En 1992, la direction générale de Nestlé décide de réunir ses composantes en
France et examine les différentes possibilités physiques de regroupement. Elle doit faire un choix entre plusieurs types d'installation et, évidemment, prendre en compte les coûts qui en résulteront. Bien entendu, le futur siège social sera
en région parisienne. Dès lors, deux hypothèses de style sont évoquées : investir une tour à la Défense, c'est la solution verticale traditionnelle ou retenir la solution "business-parc", un site couché dans une ville nouvelle, installer les composantes
dans une répartition horizontale, façon "campus". Cette dernière séduit d'autant plus qu'elle est conforme à l'esprit Nestlé : souci d'un bon environnement et des conditions de travail agréables donc optimales.

 

POURQUOI S'INSTALLER A NOISIEL ?

A l'idée aussi séduisante soit-elle, doit correspondre une réflexion empreinte de pragmatisme. C'est au décideur de l'instiller. Mais, chez Nestlé, si l'on a l'ambition d'innover juste, on innove vite. Et l'examen des plans technique, architectural,
financier et d'exploitation fait apparaître des atouts majeurs, arguments qui sont autant d'éléments de la culture de l'entreprise.

 

DES VOLUMES ET DE L'ESPACE

Depuis son origine, le site a été constamment remanié, rationalisé. Les concepteurs, pour permettre une répétition des constructions et anticiper
leur enchaînement, avaient choisi une structure "poteaux-poutres" qui libère de grands volumes à l'intérieur de chaque corps de bâtiment. La qualité et la simplicité des structures existantes ont été des éléments fondamentaux entrant dans
la décision de reconvertir le site.L'architecte, Philippe Robert, est allé
jusqu'au bout de cet esprit de réversibilité : "une des considérations majeures qui a présidé à la conception du projet est de ne jamais autoriser une intervention, technique ou architecturale qui ne mette gravement en péril l'intégrité des bâtiments existants". Les équipements techniques sont rarement encastrés.
Les doublages, finitions, faux-plafonds, faux-planchers, etc... sont posés, vissés, collés, et autorisent toutes modifications ultérieures.

 

LE MOULIN

De par son caractère exceptionnel et parce qu'il est le seul bâtiment classé de Noisiel, sa réhabilitation a constitué un chantier spécifique dans le projet global.
Il ne s'agissait pas de rénover mais de conserver et de restaurer. Conservation de la plus grande quantité d'éléments d'origine, refabrication des pièces trop abîmées,
détruites ou manquantes.

 

JEUDI 7 AVRIL

Pose de la première pierre en Avril 1994, signe du démarrage effectif du chantier.
Au-delà du symbole, point de non-retour d'un projet exceptionnel, il y a là comme un acte de naissance du nouveau siège. En neuf mois, le gros oeuvre est achevé
dans l'ensemble des bâtiments et le 19 novembre 1995, les emménagements de mobilier et de l'informatique ont lieu. Il ne reste plus alors qu'aux hommes
de s'approprier le site.

Le Diaporama

Au cours de ces dernières années
le site fut, à plusieurs reprises,
utilisé comme décor naturel pour des réalisations cinématographiques dont
"Camille Claudel" de Bruno Nuytten en 1988

Imagination et audace. Il en fallait
pour projeter ici un harmonieux
ensemble architectural et tirer
le meilleur parti du génie du lieu.

Au premier plan, " le jardin clos".
Le souvenir du premier bâtiment
du site subsiste par la conservation de sa charpente, particulièrement élégante.

Le temple du chocolat, est surnommé la "Cathédrale".
Qui devinerait au premier regard
que cet édifice était un atelier?
Sa reconversion en bureaux n'a donc posé aucun problème majeur, ni dans l'esprit ni dans sa
conception spatiale.

Les salles des colonnes au
rez-de-chaussée de la cathédrale
ainsi que l'entre-sol ont été
nettoyées et conservées et, dès l'entrée , l'effet de surprise est indemne.

"On dirait un immense tapis oriental" Cette comparaison faite par le bâtisseur du Moulin, Jules Saulnier en personne, revient immanquablement à l'esprit de tout observateur.

Henri Menier fit construire un nouvel édifice sur l'emplacement des anciennes serres du château de la famille. Il s'agissait d'installer les machines d'un nouveau
type qui envoyaient le froid produit dans les galeries du sous-sol découpées en trois chambres correspondant aux températures de refroidissement du chocolat. Appelé refroidissoirs le bâtiment est de toute beauté. Il est rebaptisé aujourd'hui
"la Halle Eiffel"

 

 

La Halle

Fouilles pour l'aménagement de l'Auditorium. Les extrémités des tunnels des refroidisseurs seront transformées en loges.

 

La Colonnade

Les charpentes métalliques rénovées

 

La confiserie

Les structures intérieures ont été supprimées, seules les façades seront conservées

 

La verrière

Les façades ont été nettoyées par sablage humide. Tous les matériaux ont subi ce traitement avec en fonction de la dureté de ces derniers, une pression adaptée. Gomma pour la pierre et décapage pour le béton.

La Cathédrale

La Cathédrale avant la restauration.

Images et textes :
Nestlé France

 

Saga Menier